Est-ce que le monde va de plus en plus mal ? Entre le dérèglement climatique, les crises politiques, les inégalités, la perte de sens ou la surveillance numérique, difficile de ne pas avoir cette impression. Chaque jour, les médias nous le rappellent en nous bombardant d’informations négatives. Mais est-ce vraiment le cas ? Est-ce que la situation empire ? L’Histoire est une oscillation entre des périodes de chaos et de progrès. Et, malgré toutes les crises que l’humanité a traversées, nous vivons globalement mieux que les générations précédentes. Dans cet épisode, explorons pourquoi, malgré les apparences, l’humanité progresse inexorablement vers le mieux. C’est parti !
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Crises, déclin, renaissance, progrès : Le rythme secret de l’humanité
Changements d’époques : crises et révolutions
L’humanité progresse en affrontant inlassablement des défis.
Durant la Préhistoire, nos ancêtres essayent de ne pas mourir de froid, d’assurer leur subsistance, de transmettre leur connaissance avant d’être terrassé par la maladie ou une bête sauvage ? Se faisant, ils domestiquent le feu, développent l’agriculture et inventent l’écriture. Grâce à ces révolutions, la civilisation progresse, mais de nouveaux challenges apparaissent.
Durant l’Antiquité, les enjeux sont de se protéger des invasions étrangères, mieux vivre ensemble ou bâtir des structures qui perdurent génération après génération. L’Homme trouve de nouvelles réponses, les religions pour rassembler autour de valeurs communes au-delà des frontières, les lois pour codifier des règles ou encore des systèmes politiques pour organiser la vie quotidienne…
Nos ancêtres du Moyen Âge doivent aussi faire face à leur lot de défis. Par exemple, même si les religions fédèrent elles enferment les consciences comme l’illustre l’Inquisition médiévale, les Croisades et les guerres saintes. L’Homme prend conscience que Dieu n’a pas forcément toutes les réponses. Cette nouvelle philosophie du “Je ne sais pas tout, mais je peux apprendre” propulse l’occident dans une nouvelle ère marquée par l’exploration du monde, les progrès techniques comme l’imprimerie et la diffusion du savoir. Durant la Renaissance, l’humanité s’émancipe encore, mais fait face à de nouveaux défis : esclavage, colonisation, absolutisme.
Durant les Temps Modernes, l’égalité et la liberté (re)deviennent les nouveaux idéaux, grâce aux travaux des Lumières. Il y a la Déclaration des droits de l’homme, les progrès technologiques, et l’accélération de la démocratisation des savoirs. Mais encore une fois, de nouvelles crises surviennent : des conflits internes entre les républicains et les monarchistes, la révolution industrielle et plus tard, les guerres mondiales, la crise climatique, l’addiction aux écrans.
En somme, l’Histoire démontre que l’Homme n’avance jamais en ligne droite. Nous vivons des hauts et des bas dans tous les domaines : politique, éducation, sécurité… . Dans son livre, L’ordre mondial en mutation, Ray Dalio présente le concept de cycles économiques se traduisant par des phases d’expansion, d’excès, de crise et de régénération.
Les cycles : des hauts et des bas, mais une tendance positive
Pour le philosophe allemand Hegel (19e siècle), l’humanité progresse par un mouvement dialectique : la thèse, l’antithèse, la synthèse. L’idée est que chaque crise engendre son contraire, et de cette tension naît un nouvel équilibre. Autrement dit, nos systèmes se tendent, se brisent et renaissent sous une forme plus solide. Grâce à cette mécanique, le monde s’améliore.
Même si l’on observe des régressions temporaires, nous vivions globalement mieux que nos ancêtres. Nos aïeux du Moyen-Âge mouraient d’une infection à 30 ans, s’ils n’étaient pas tués avant par une maladie infantile. Nos grands-parents ont connu la guerre et les restrictions alimentaires. Maintenant en Occident, nous sommes assurés d’être pris en charge par les secours en seulement quelques minutes. Nous visons mieux, plus longtemps et avec un confort qu’aucune autre génération n’a connu. Malgré tout, nous devons aussi affronter des défis inédits, souvent engendrés par des progrès passés.
Quand les progrès d’hier deviennent les problèmes d’aujourd’hui
Chaque grande révolution crée ses propres déséquilibres.
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- Le pétrole favorise les déplacements, l’industrie ou le secteur énergétique mais contribue au dérèglement climatique.
- La digitalisation offre l’accès à la connaissance, mais engendre une dépendance aux écrans et la désinformation.
- Le capitalisme démocratise l’accès à l’investissement et au capital, mais creuse les inégalités.
- Les régimes politiques occidentaux sont plus démocratiques qu’auparavant, mais ils peinent toujours à représenter efficacement la volonté des peuples.
L’objectif n’est pas de rejeter les progrès passés, mais de corriger les déséquilibres qu’il engendre. La voiture électrique est un bon exemple : sa démocratisation est inévitable car ses avantages sont indéniables. Par contre, l’enjeu est de trouver des solutions aux problèmes de batteries et d’infrastructure. Idem pour l’IA : ses promesses sont extraordinaires, mais son utilisation représente des dilemmes éthiques que nous devons affronter.
Finalement, chaque génération hérite des problèmes des innovations d’hier et œuvre pour les résoudre sans détruire les progrès déjà accomplis.
Le changement s’opère progressivement
A l’échelle de quelques décennies, on observe déjà cette mécanique du changement :
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- La crise climatique mobilise de plus en plus de consciences, alors que le problème était complètement ignoré il y a 50 ans.
- L’alimentation continuent à être une priorité majeure comme l’illustre l’explosion du bio, le développement des circuits courts ou le combat contre les produits chimiques
- L’accès à l’information s’universalise toujours plus grâce à internet, les réseaux sociaux et l’IA, qui rendent la connaissance plus accessible, exploitable et personnalisable.
- Les cryptomonnaies redéfinissent la finance en favorisant la désintermédiation et la décentralisation afin de remettre l’économie au service des hommes, et non l’inverse.
L’humanité continue de perpétuer cet élan vers le “mieux”. Mais à l’ère d’une génération TikTok, qui veut tout, tout de suite, ne sommes-nous pas devenus trop impatients pour accepter que les grands changements s’opèrent lentement. Il faut des décennies pour bâtir un système politique plus juste, une économie plus équilibrée ou un monde moins polluant.
Les situations politiques délicates ainsi que les débats actuels témoignent qu’un nouvel équilibre se cherche. En tout cas, le changement semble inévitable et, sur le long terme, le meilleur pour l’humanité finit toujours par l’emporter.
Pour aller plus loin
Ce constat soulèvent plusieurs questions :
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- Comment identifier tous les grands défis auxquels l’humanité doit et devra faire face ?
- Peut-on les prévoir et les anticiper avant qu’ils ne deviennent des crises ?
- Si l’on considère la notion de cycles, où en sommes-nous aujourd’hui ?
- Est-ce que tous les peuples font face simultanément aux mêmes problématiques ou existe-t-il des disparités en fonction des pays ou continents ?
- Existe-t-il des défis universels, au-delà des différences culturelles ?
Bref, bienvenue dans le formidable labyrinthe de la pensée.
Conclusion
L’humanité avance par cycles. Chaque époque connaît son lot de crises et de progrès, mais la trajectoire d’ensemble reste positive. Nous vivons mieux que nos ancêtres, car depuis la nuit des temps, chaque génération s’efforce de corriger les problèmes issus du passé sans rejeter le progrès. Notre responsabilité est de perpétuer cette chaîne en agissant pour faire en sorte que nos enfants aient une meilleure vie que la nôtre.
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