Interview de Stefan Lendi – StratègeMarketing

Découvrons l’interview de Stefan Lendi, le créateur de la marque StrategeMarketing et l’auteur de plusieurs ouvrages dont :  Le marketing digital à l’ère de l’IA et du Web3. C’est parti !

Vidéo

Version « Rafale » :

Version intégrale :

Podcast

Version « Rafale » :

Version intégrale :

Retranscription – Interview Stefan Lendi

 

Mister Fanjo : Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission Interview Rafale. Le concept est simple, retrouver dans chaque épisode les pépites d’une interview avec un ou plusieurs invités qui se sont prêtés à une série de questions rafales. Découvrez leurs projets, leurs habitudes quotidiennes, leurs recommandations en termes de séries, musiques ou chaînes YouTube, et plus généralement, leurs conseils dans leurs domaines d’expertise. Aujourd’hui nous accueillons Stefan Lendi, le créateur de la marque  strategemarketing et l’auteur de plusieurs ouvrages dont :  Le marketing digital à l’ère de l’IA et du Web3. Sans plus tarder découvrons son interview. C’est parti !

Présentation de Stefan Lendi

Mister Fanjo : Si je vous laissais vous présenter pour les personnes qui ne vous connaissent pas, que leur diriez-vous ? Comment vous présenteriez-vous ? 

Stefan Lendi : Écoutez, moi je suis principalement un marketeur, un stratège marketing, qui a développé en fait des plateformes web, qui a une grosse expérience en marketing dans différentes entreprises (Danone, Nestlé, Nespresso) et aussi des plus petites start-up. J’apporte cette expertise à travers mes différentes plateformes en ligne et une méthodologie qui s’appelle PsychoMarketing que j’ai créée. 

Ses expériences professionnelles

Mister Fanjo : Avant de créer ces marques et d’arriver dans le monde de l’entrepreneuriat, est-ce que vous avez eu une expérience professionnelle ?

Stefan Lendi : Oui, peut-être pour vous expliquer un peu mon parcours. En fait j’ai, à la fois, un parcours entrepreneurial et dans des entreprises. J’ai commencé assez tôt. J’ai vendu une plateforme web en 2001 qui s’appelait Net Actuel, qui traitait de l’actualité de ce qu’on appelait la nouvelle économie. J’ai vendu cette plateforme web à groupe média. Par la suite, j’ai travaillé dans différents grands groupes, dont justement Danone, Nestlé,… D’abord Danone, où je me suis occupé principalement de marketing du lait pour nourrissons. Ensuite, j’ai aussi travaillé chez Nespresso, où je m’occupais de mettre en place un département de marketing digital et de gérer la plateforme e-commerce au niveau local. Ensuite, je suis retourné chez Nestlé où je me suis occupé encore une fois de lancer des marques, notamment sur le marché chinois-américain. En fait, j’ai ce parcours dans de grosses entreprises. Ensuite, j’ai aussi un parcours dans des start-ups. Je me suis occupé de monter le département marketing de deux start-up qui ont été vendues à des grands groupes. En parallèle, j’ai aussi développé des plateformes web, dont Stratège Marketing. J’ai aussi développé une méthodologie propriétaire qui s’appelle PsychoMarketing, qui permet à des entreprises d’attirer et fidéliser plus de clients grâce à 7 étapes (c’est très raccourci parce que la méthodologie est assez complète et apporte des résultats). Je suis aussi auteur d’ouvrages marketing, dont le dernier, le marketing digital à l’ère de l’IA et du Web3. Donc, pas mal d’activités !

Son parcours universitaire

Mister Fanjo : Et par curiosité, quelles études avez-vous suivies ?

Stefan Lendi : J’ai fait des études commerciales avec une orientation marketing. Pour vous expliquer aussi : je suis tombé dans l’internet très rapidement grâce au système d’apprentissage. Parce qu’en Suisse, les gens peuvent faire de l’apprentissage et l’apprentissage est valorisé. Je crois que ce n’est pas vraiment le cas en France. Mais moi, j’ai eu la chance de faire mon apprentissage au début des années 90 chez IBM. Au début des années 90, j’ai découvert Internet. Personne n’avait encore d’adresse e-mail et le web était au tout début. J’ai commencé à réfléchir assez tôt à ce que ça pouvait être et ce que ça pouvait apporter, aussi en termes d’opportunité. C’était vraiment une découverte. Ça m’a permis d’être pionnier dans ce domaine-là. Par la suite, j’ai continué à faire des études commerciales. J’ai aussi complété mes connaissances marketing. J’ai fait un cours de stratégie à Harvard. Voilà un peu le parcours que j’ai.

Sa transition vers ses travaux sur l’IA

Mister Fanjo : Finalement, vous avez fait énormément d’activités, qui touchent au marketing ou à Internet. Vous proposez maintenant quelque chose par rapport à l’IA. Qu’est-ce qui vous a poussé vers cette transition ?

Stefan Lendi : C’est une bonne question. Cette transition est arrivée parce qu’on avait un projet de livre avec Vuibert (Albin Michel). L’idée était de faire un livre sur le marketing digital, mais de trouver un angle un peu différent parce qu’il y avait plein de livres sur le marketing digital. Puis est arrivée, la démocratisation des intelligences artificielles génératives suite à l’arrivée de ChatGPT d’OpenAI. A ce moment-là, l’angle du livre était tout trouvé. Ça m’a forcé à me former très rapidement dans le domaine des intelligences artificielles parce que ça a été la thématique du livre. C’est comme ça en fait que je suis tombé dans l’intelligence artificielle en cours de route. J’ai fait plein de tests, je me suis rendu compte que ça permettait d’accélérer le travail du marketeur et que ça allait chambouler complètement ce qu’on a connu jusqu’ici. C’est un changement très profond. Ce n’est pas un changement comme les NFT ou même comme les réseaux sociaux quand ils sont arrivés, c’est vraiment un changement profond qui aura des bouleversements et des conséquences importantes. Donc du coup c’était un angle tout trouvé. C’est comme ça que je suis tombé dans l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, les gens ont tendance à penser que je suis un peu expert de l’intelligence artificielle, mais je ne me considère pas comme expert parce que ça évolue tellement vite qu’on est tout le temps en train d’apprendre. J’étais peut-être un peu plus tôt que certaines personnes dans ce domaine-là, mais je ne suis pas vraiment un expert de l’intelligence artificielle. Je suis plus quelqu’un qui l’utilise au quotidien et j’en ai fait un livre.

Son utilisation de l’IA

Mister Fanjo : Au quotidien, qu’est ce que vous utilisez comme intelligences artificielles ?

D’une part, j’utilise beaucoup ChatGPT. Principalement, je dirais même ChatGPT. Je le trouve toujours plus performant que Bard, Claude ou d’autres LLM. Mais par contre, je teste sans arrêt de nouvelles intelligences artificielles. Dernièrement, j’ai fait des tests sur leonardo.ai qui est vraiment assez impressionnant, qui permet aujourd’hui aussi de faire de la vidéo. Il y a aussi Perplexity qui pourrait peut-être remplacer Google un jour. Il y a plein de choses à tester. J’en utilise principalement certaines comme ChatGPT. Jusqu’à maintenant, j’utilisais aussi beaucoup MidJourney ou Dall-E. Et puis j’en teste de nouvelles.

L’IA dans ses travaux quotidiens

Mister Fanjo : Dans vos travaux et dans la création de contenu, est-ce que vous trouvez l’utilisation des IA pertinente ?

Stefan Lendi : Alors, oui, c’est pertinent. En même temps, je trouve qu’on arrive maintenant à repérer assez facilement un contenu qui a été généré par des intelligences artificielles. On avait cette crainte que du contenu synthétique arrive et qu’on ne puisse plus savoir quelle est la vérité. Alors c’est vrai qu’à un moment donné on va y arriver, mais aujourd’hui quand je vois une image (aussi parce que j’ai pris cette habitude de moi-même générer plein d’images), je peux presque dire avec certitude que telle image a été générée avec une intelligence artificielle. Parce qu’il y a quand même une trame dans l’image et des détails un peu partout. On peut voir qu’elle a été générée par une intelligence artificielle. Je pense qu’il faut faire attention. Déjà, il faut quand même garder un peu d’humain dans le contenu, même si on peut s’appuyer sur les intelligences artificielles. En revanche, pour les textes, c’est plus bluffant. C’est plus compliqué de distinguer un contenu synthétique, un contenu qui a été créé par une intelligence artificielle, d’un contenu qui a été créé par un humain. Moi, je m’appuie sur les intelligences artificielles plus comme une base de travail. Mais après, je retravaille tout et je vérifie aussi tout ce qui vient, tout ce qui sort d’une intelligence artificielle. Parce que les intelligences artificielles hallucinent. C’est-à-dire qu’elles nous donnent des informations qui ne sont pas vraies. Parfois, elles sont tellement convaincantes dans la manière dont elles retranscrivent les choses qu’on a l’impression que tout est vrai. Alors qu’en fait, il y a beaucoup d’informations erronées parce qu’elles vont chercher un peu partout mais elles ne vérifient pas forcément les informations qu’elles nous donnent. Donc c’est à nous humains d’aller faire cette vérification, de compléter et peut-être même d’humaniser parfois les choses. C’est une bonne base de travail, mais en ce qui me concerne, ça ne remplace pas vraiment le travail que je peux faire en tant que créateur de contenu.

Quelques exemples concrets 

Mister Fanjo : Et peut-être pour donner quelques exemples concrets, dans quels cas vous utilisez ChatGPT ?

Stefan Lendi : ChatGPT, je l’ai utilisé pour plein de choses : pour générer des idées, pour faire des personas, des avatars clients, pour mieux connaître mon marché. Je l’utilise pour générer du contenu, pour faire de l’e-mailing.  Je l’utilise vraiment pour l’ensemble de la palette des outils que je peux utiliser dans le marketing que je fais. Je m’appuie également sur ChatGPT, pour créer des images avec Dall-E parce que quand on a accès à ChatGPT, on peut aussi accéder à Dall-E. Parfois aussi pour faire des petits développements, des petits codes dont j’ai eu besoin sur l’une de mes plateformes. C’est très large en fait, ce n’est pas un outil vertical mais horizontal. On peut faire plein de choses avec. On peut aussi l’entraîner sur ses propres données, avec notamment les fameux GPTs. Pour qu’il s’habitue à une tonalité de voix, ça c’est aussi assez bluffant. Si on lui donne suffisamment de données, il va pouvoir reproduire certaines trames, certains schémas qu’on a l’habitude d’utiliser. Ce qu’on peut faire, c’est créer son propre Advisory Board, c’est-à-dire qu’on peut créer une sorte de conseil d’administration, si on veut. On peut créer des personnes à l’intérieur de ChatGPT qui réagirait comme Steve Jobs. On ne peut pas dire qu’on a Steve Jobs en face de nous, mais l’IA va s’appuyer sur l’ensemble des informations qu’elle a sur cette personne pour répondre comme elle. Admettons que dans l’absolu, j’ai besoin du meilleur inventeur qui soit et j’aimerais que l’IA agisse comme Léonard de Vinci par exemple. On va mettre Léonard de Vinci dans le conseil d’administration. Ensuite, j’ai besoin du meilleur musicien qui soit, on va mettre Mozart aussi. Moi, je prends des exemples un peu comme ça, mais ça peut être des personnes plus contemporaines, mais dont l’IA a suffisamment de données pour pouvoir répondre comme elles. C’est intéressant parce que si on a un problème à résoudre dans ce domaine spécifique, peut-être d’invention ou de musique, on va pouvoir s’appuyer sur ce « conseil d’administration » qu’on a créé pour obtenir des réponses. Ensuite les GPT, c’est des mini ChatGPT qu’on développe nous-mêmes, enfin qu’on crée nous-mêmes grâce à des prompts élaborées et des données sources qu’on lui donne pour pouvoir agir de telle ou telle manière. Un exemple assez typique, c’est le super négociateur. Admettons qu’on veuille créer un chatGPT qui nous entraîne à négocier. On va lui donner toute la littérature et tous les éléments liés à la négociation et puis ensuite on va l’entraîner à poser certaines questions pour entraîner lui-même la personne qui l’interpelle. C’est aussi une autre manière d’utiliser. Je trouve que c’est ça qui est riche. Il y a tellement de manières d’utiliser ces intelligences artificielles que c’est une nouvelle exploration.

D’autres intelligences artificielles bluffantes

Mister Fanjo : A titre personnel, je l’ai utilisé pour générer du code en Java pour simuler un jeu de roulette et une stratégie d’investissement pour voir si c’était gagnant ou perdant. C’est très bluffant. Vous utilisez ChatGPT, MidJourney pour la génération d’images, est-ce qu’il y a d’autres intelligences artificielles qui vous ont bluffé ?

Stefan Lendi : Runway est assez bluffant, en termes de génération de vidéos. Le problème pour la vidéo, c’est qu’on n’y est pas encore. J’ai fait plein de tests avec des IA pour la vidéo. Le problème c’est que ça reste très court. C’est des vidéos de 4 ou 5 secondes et il y a souvent un hors champ qui est un peu bizarre. Mais un premier plan qui est pas mal. C’est déjà une belle évolution par rapport à ce qu’on avait avant, mais je trouve qu’il y a encore un saut à faire pour pouvoir vraiment les utiliser correctement. Après, pour la génération de contenu, il y a une IA qui est intéressante, c’est Jasper.ai. Pourquoi ? Parce qu’on peut l’entraîner sur sur ses données, sur sa marque, sur son ton de voix et derrière elle va générer du contenu qui est beaucoup plus “personnalisé à sa marque”.

Son livre – Le marketing digital à l’ère de l’IA et du Web3

Mister Fanjo : Finalement, l’IA englobe énormément de logiciels, d’applications et de sujets. Dans votre livre, comment est-ce que vous abordez ce vaste sujet ?

Stefan Lendi : Alors, déjà, c’est un livre sur le marketing digital. On va prendre tous les leviers du marketing digital les uns après les autres, qui sont orchestrés pour pouvoir générer de la valeur pour une entreprise, c’est-à-dire plus de clients qui payent davantage, plus souvent. Ensuite, on va rajouter par-dessus les intelligences artificielles. À chaque chapitre du livre, il y a souvent des astuces et des moyens d’accélérer les choses avec l’intelligence artificielle. Il y a aussi un chapitre qui est complètement dédié à l’intelligence artificielle dans lequel on repart de la base pour expliquer d’où elles viennent et ce qu’elles sont exactement et pour expliquer le mécanisme des intelligences artificielles, la différence entre une intelligence artificielle d’arrière-plan,une intelligence artificielle générative, etc. D’abord, c’est un livre sur le marketing digital avec tous les leviers, y compris les leviers Web 3, et puis une couche d’intelligence artificielle qui vient par-dessus, qui est aujourd’hui, à mon avis, indispensable en marketing digital.

Sa formation sur l’IA

Mister Fanjo : Voulez-vous aussi aborder votre formation sur l’IA ?

Stefan Lendi : Oui, c’est vrai que j’ai créé un programme sur l’intelligence artificielle. Déjà, c’est un domaine qui est encore relativement peu connu. Je m’étonne parfois que certaines personnes me disent qu’elles n’ont pas encore essayé de chatGPT. Il y a un besoin de former les gens. D’abord parce que je pense qu’il y a une compétence qui va beaucoup se développer ces prochaines années, c’est ce qu’on appelle le prompt engineering. C’est-à-dire la capacité de créer des prompts pour faire sortir le meilleur des intelligences artificielles, faire sortir ce qu’on souhaite vraiment. Parce que c’est facile d’utiliser chatGPT, de lui poser une ou deux questions et d’avoir la réponse ou de commencer à dialoguer avec lui. Mais derrière, si on veut vraiment des résultats précis, ça devient beaucoup plus dur de l’orienter. Et il y a des techniques de prompts que les gens découvrent tous les jours qui permettent d’atteindre des résultats beaucoup plus précis, beaucoup plus pertinents. C’est un des éléments qui est traité dans ce programme. Ensuite, il y a aussi une connaissance générale de l’IA, qu’il faut démocratiser. Quelle est la différence entre une intelligence artificielle générative et une intelligence artificielle d’arrière-plan ? Qu’est-ce qu’une IAG, une intelligence artificielle générale ? Qu’est-ce qu’une intelligence artificielle multimodale, générative multimodale ? Tous ces éléments-là, aujourd’hui, ne sont pas encore vraiment acquis par les gens et il faut les prendre par la main et leur montrer. Ensuite, en tant que marketer, on est confronté aujourd’hui à une opportunité et en même temps à une menace. Opportunité parce qu’aujourd’hui, comme on l’a évoqué tout à l’heure, on peut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin avec les intelligences artificielles. Par exemple, cette interview-là pourrait être diffusée dans toutes les langues, simplement en s’appuyant sur l’intelligence artificielle sans qu’on ait besoin de doubler l’interview avec d’autres personnes, en quelques clics. On a des possibilités aujourd’hui qui sont incroyables. Il faut les saisir, il faut les comprendre avant tout le monde. Pourquoi ? Parce que, mon credo, c’est qu’on ne va pas être remplacé par les intelligences artificielles. Par contre, on peut être remplacé plus rapidement par des gens qui maîtrisent les intelligences artificielles. Il faut vraiment plonger dedans, les comprendre et les tester. Ce programme permet de comprendre ces éléments. 

Sa vision sur l’avenir de l’IA

Mister Fanjo : Je voulais vous poser la question de comment est-ce que vous voyez l’avenir des IA ? Vous avez dit que potentiellement, ceux qui seront capables de l’utiliser, ils auront un avantage sur les autres. Mais alors, dans les scénarios très lointains et très extrêmes, pensez-vous que l’IA peut détruire les humains ? Comment voyez-vous l’avenir lointain avec les IA ?

Stefan Lendi : Je n’ai pas de boule de cristal. Il y a beaucoup de spéculation autour et il y a aussi beaucoup de déclarations, de personnalités qui font des points de vigilance sur l’IA, c’est difficile à dire. Je pense qu’on peut imaginer le scénario du pire avec des drones pilotés par des IA qui pourraient être nocifs parce qu’ils portent une bombe et puis ils doivent viser un certain individu et c’est impossible de l’arrêter. Il y a toutes sortes de scénarios. Il y a les IA d’un côté, mais ce qui progresse aussi beaucoup, c’est notre capacité à créer des robots autonomes qui ont des facultés pour se déplacer, etc., qui vont au-delà de l’humain. Si on mélange l’intelligence artificielle plus ce développement-là, on pourrait se dire attention, parce que si on ne maîtrise plus le truc, il y a quelque chose qui pourrait potentiellement éteindre la race humaine. Il y a ce point de vigilance-là, moi je n’en sais rien. Je pense qu’il y a un risque probablement effectif. Quand est-ce que ça va arriver, c’est difficile à dire. Les chercheurs travaillent beaucoup sur ce qu’on appelle l’IAG, l’intelligence artificielle générale, qui serait une intelligence artificielle dotée d’une conscience, de sentiments, capable finalement de faire exactement la même chose que les humains. Je pense qu’on va se rapprocher de plus en plus des IAG parce qu’il y a vraiment un développement fort là-dedans et beaucoup d’investissements. Par la suite, on va voir aussi que ces intelligences artificielles génératives vont progresser. On a parlé de la vidéo tout à l’heure, on n’y est pas encore à 100%. Les images aussi, ça va progresser. Quand on voit ce qu’elles savent faire aujourd’hui, et que la progression est exponentielle, on voit qu’il y aura plein d’opportunités et en même temps des risques, comme avec tout.

Ses objectifs et projets à venir

Mister Fanjo : Pour en revenir à des sujets un peu plus terre-à-terre et plus proches du court terme, quels sont les objectifs dans votre activité ? Quels sont vos projets du moment ? Qu’est-ce que vous prévoyez de faire dans les prochains mois ?

Stefan Lendi : J’exploite des plateformes de services principalement. Justement, je suis en train de développer des services logiciels. Donc, ça va être ça les prochaines activités à venir. J’ai aussi une méthodologie qui s’appelle PsychoMarketing qui va devenir aussi une app, parce qu’aujourd’hui, je coach beaucoup des entreprises en psycho-marketing. Demain, il faut que je sois remplacé par un logiciel parce que je n’arrive pas à gérer toute la demande. Et puis, il est possible que certaines de mes plateformes soient traduites en anglais. J’y travaille également, mais dans un futur plus lointain. Parce que derrière, ce n’est pas seulement de les traduire, il faut gérer la clientèle et l’engagement que ça peut générer dans une autre langue.

Pour retrouver ses travaux

Mister Fanjo : Pour les personnes qui souhaitent suivre et consulter vos travaux, où est-ce qu’ils peuvent vous retrouver ?

Stefan Lendi : Alors j’ai un site stefanlendi.com, où j’ai pas grand-chose dessus, mais vous pouvez vous inscrire par e-mail dessus. Vous pouvez aller sur strategemarketing.com qui est la plateforme marketing qui est plus généraliste sur laquelle on peut retrouver toutes sortes de conseils gratuits et du contenu payant pour ceux qui veulent aller plus loin. 

Mister Fanjo : Il y a aussi vos livres qui sont disponibles sur Amazon et c’est aussi en librairie ?

Stefan Lendi : Exactement, oui tout à fait. Le dernier livre, le marketing digital à l’ère de l’IA et du Web3. Et puis il y a aussi PsychoMarketing, attirer et fidéliser plus de clients aux éditions Gereso.

Les questions rafales

Mister Fanjo : Je vous propose de passer à la dernière partie de l’interview si ça vous va. Si vous ne deviez recommander qu’un seul produit sur l’IA ou un seul outil, lequel serait-ce ?

Stefan Lendi : Pour l’instant, c’est ChatGPT parce que c’est un outil qui est très généraliste. Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est celui que j’utilise le plus encore aujourd’hui. Ça permet aussi d’accéder à Dall-E qui est aussi un excellent générateur d’images. Je parle de la version payante de ChatGPT en l’occurrence. 

Mister Fanjo : Quelle application utilisez-vous le plus ? Je suppose que c’est ChatGPT ?

Stefan Lendi : Non, ça reste Google quand même, même si Google est devenu moins pertinent ces derniers temps. Il y a aussi une alternative, c’est perplexity.ai qui commence à faire peur à Google parce que ça pourrait être l’avenir de la recherche sur Internet. Du coup, Google va déployer son moteur de recherche boosté par l’AI avec des AI génératifs. Cette année, on va voir ce que ça donne. 

Mister Fanjo : Quand vous dites Google, c’est aussi tout ce qui est Gmail, les objectifs comme Keep, Agenda, etc.

Stefan Lendi : Exactement, oui. J’utilise beaucoup la suite Google.

Mister Fanjo : À quelle heure vous réveillez-vous et quelle est votre première activité de la journée ?

Stefan Lendi : En général, je me lève assez tôt, entre 5 et 6 heures. Je fais un peu de sport, j’essaie de bouger très vite. Quand il fait beau, je vais courir et après je bois de l’eau. Voilà un petit peu mon rituel du matin, si on peut parler comme ça.

Mister Fanjo : Selon vos goûts, quel morceau de musique devrait-on envoyer dans l’espace si l’humanité devait disparaître ?

Stefan Lendi : Triste futur ! Je pense aux quatre saisons de Vivaldi parce que c’est un peu une ode à la terre. C’est magnifique.

Mister Fanjo : Quelle série, film ou documentaire ou chaîne YouTube recommanderiez-vous de regarder ?

Stefan Lendi : Je recommanderais les longues interviews de Lex Friedman parce qu’elles sont vraiment bien. Il va assez profondément dans les sujets avec ses invités de marque, et on apprend plein de trucs. C’est en anglais mais on peut mettre des sous-titres, il faut chercher Lex Friedman sur YouTube, c’est un podcast également.

Mister Fanjo : Si l’on vous donnait 100 euros, dans quoi les investiriez-vous ?

Stefan Lendi : Je les réinvestirais dans mon activité parce que je peux les transformer en 200 euros, après réinvestir, les transformer plus loin, etc. 

Mister Fanjo : De quels accomplissements êtes-vous fier ?

Stefan Lendi : Mes enfants.

Mister Fanjo : Si vous étiez président et que vous aviez le pouvoir de faire aboutir n’importe quelle réforme, que changeriez-vous en priorité ?

Stefan Lendi : Si j’étais président, je ne me suis jamais posé cette question. Si j’avais ce pouvoir-là, je pense que j’introduirais des cours de code, de développement informatique, de technologie aux enfants, en même temps qu’ils apprennent l’alphabet, avec une pédagogie vraiment crescendo pour que la technologie devienne leur seconde nature. Je pense que dans le monde d’aujourd’hui, c’est indispensable.

Mister Fanjo : Quelle est la plus grande leçon que vous avez apprise en naviguant dans le monde de l’entrepreneuriat en ligne ?

Stefan Lendi : Je pense que la plus grande leçon, c’est l’impermanence. Que rien n’est permanent et que tout change tout le temps. Ça signifie qu’il faut constamment se remettre en question soi-même, remettre en question son activité, rester humble et apprendre sans arrêt. 

Mister Fanjo : Avez-vous d’autres principes ou maximes ou habitudes qui vous guident ?

Stefan Lendi : Peut-être de plus en plus avec le temps, ce serait d’écouter mon intuition. Elle a souvent raison avant les analyses logiques qu’on peut faire. 

Mister Fanjo : Vous avez le mot de la fin, comment souhaiteriez-vous conclure cette interview ?

Stefan Lendi : Qu’est-ce que je pourrais dire ? Je vais dire ceci, je pense que tout le monde veut une forme de réussite ou cherche à atteindre un résultat. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le parcours qu’on fait pour l’atteindre compte presque plus que le résultat final. On a tendance vraiment à se centrer sur le résultat final seulement, c’est important. Mais le parcours, la richesse du parcours est très important, voire plus important que le résultat parce que durant ce parcours, on va aussi changer, on va s’enrichir, au sens propre que vous figurez, et le résultat va venir de lui-même si on fait de bon parcours.

Les liens vers les travaux de l’invité

► Le site strategemarketing.com 

► Le livre – Le marketing digital à l’ère de l’IA et du Web3 (lien affilié)

► La formation sur l’IA : ROI de l’IA 

Consulter de nouvelles interviews 

Consultez la page du projet

L’éléphant et ses liens invisibles (Histoire inspirante)

Découvrons dans cet épisode, l’histoire fascinante de l’éléphant et ses liens invisibles. C’est parti !

Vidéo

Podcast

L’éléphant et ses liens invisibles

Dans une vaste étendue de savane, un village vit en harmonie avec la faune et la flore au cœur de ce paysage majestueux. 

Un jour, les habitants recueillent un éléphanteau abandonné. Pour pouvoir le surveiller, les villageois l’attachent à une corde qu’ils relient à un humble poteau. Très à l’aise, le bébé éléphant gambade dans les rues et joue avec les enfants. Mais dès qu’il tente de franchir la limite du village, la corde l’arrête net. 

Les mois passent, mais le système d’attache reste. L’éléphanteau encore frêle, effectue  encore quelques timides tentatives pour s’éloigner, mais la corde et le poteau le maintiennent solidement dans le périmètre. Si bien que la contrainte physique devient rapidement une barrière invisible dans l’esprit du jeune éléphant. 

Au bout d’un an, l’éléphanteau se cantonne à rester dans l’enceinte du village. Pourtant à mesure que le temps passe, l’animal grandit et sa force augmente. Il pourrait facilement briser la corde et s’affranchir du poteau. Mais, l’éléphant reste là, attaché uniquement par la conviction profonde qu’il est impuissant à se libérer. 

Les liens invisibles façonnent ainsi la perception du monde de l’éléphant.

________________

Retourner à la page du projet P08

Le Syndrome de Stockholm

Imaginez tomber d’affection pour votre ravisseur. Ce comportement étonnant existe et il porte le nom de syndrome de Stockholm. C’est parti pour quelques explications !

Vidéo

Podcast

L’Incident de Stockholm

En 1973, des criminels s’introduisent dans une banque à Stockholm en Suède. Pendant 6 jours, ils retiennent en otage le personnel et les personnes présentes dans l’établissement. Quand les forces de l’ordre décident enfin de faire irruption dans la banque, certains otages se dressent de leur plein gré face aux policiers pour protéger leurs preneurs d’otages. Malgré tout, les autorités arrêtent les ravisseurs et libèrent les innocents. Cependant, l’inattendue réaction des otages suscite des débats et de nombreuses études dans les domaines de la psychologie et de la criminologie. Depuis lors, on nomme “syndrome de Stockholm” les comportements visant à développer des liens de sympathie avec ses bourreaux.

Une Exploration de la Psychologie Humaine

Ce concept psychologique fascinant mais paradoxal décrit la formation de liens émotionnels entre un otage et son ravisseur. Le syndrome de Stockholm s’explique par des mécanismes de défense mentaux. Dans des conditions difficiles, nous essayons de rationaliser la situation et nous cherchons un réconfort émotionnel. Se faisant nous avons tendance à tisser des liens de sympathie avec les individus impliqués dans l’événement, même si tout nous oppose.

Controverses et Critiques 

Comme tout concept psychologique, le Syndrome de Stockholm alimente un débat continu parmi les experts. Certains remettent en question sa validité en soulignant que d’autres facteurs peuvent influencer les relations entre ravisseurs et otages. Pour illustrer, on peut citer l’étonnant exemple historique de l’affaire Patty Hearst : 

En 1974, cette richissime héritière est enlevée par un groupe de révolutionnaires. Détenue en captivité pendant plusieurs mois, elle semble adopter les idéologies et les revendications de ses kidnappeurs. Elle est filmée en train de participer à un vol à main armée avec ses ravisseurs. La nature de son implication suscite de nombreux débats. Certains suggèrent qu’elle est sous l’emprise du syndrome de Stockholm, tandis que d’autres spéculent sur la possibilité qu’elle ait été contrainte. Arrêtée, la jeune femme affirme avoir été obligée de participer sous la menace de mort. Pourtant, la justice la condamne à une peine de prison pour ses activités criminelles.

Conclusion

Le Syndrome de Stockholm reste une énigme fascinante dans le domaine de la psychologie. Ce concept étonnant décrit la formation de liens émotionnels entre un otage et son ravisseur. Bien que controversé, ce phénomène paradoxal peut nous aider à jeter un éclairage sur la complexité de la psychologie humaine, en particulier dans des situations extrêmes. 

Sources 

  • Wikipedia – Le syndrome de Stockholm : https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Stockholm

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P07

__________________________

Le courage en 10 photographies célèbres

L’écrivain et journaliste américain, Ernest Hemingway a écrit : “Le courage est de la grâce sous pression.” (« Courage is grace under pressure.” – Ernest Hemingway – écrivain et journaliste). Découvrons une série d’actes audacieux à travers cet épisode intitulé : le courage en 10 photographies. C’est parti

Vidéo

Podcast

Le courage en 10 photographies célèbres

L’homme du char – Tank Man

    • Date : 1989
    • Lieu : Place Tian’anmen, Pékin, Chine
    • Photographe : Jeff Widener (États-Unis)

L’homme Tian’anmen est un manifestant resté anonyme qui est pourtant mondialement célèbre. Lors de manifestations en Chine pour l’égalité sociale et la liberté d’expression, ce “manifestant inconnu” s’est dressé devant une colonne de chars en guise de protestation. L’image de l’incident symbolise le courage et la force de la non-violence face à la répression armée.

Le baiser de la vie

    • Date du cliché : 1968
    • Lieu : Jacksonville, Floride, États-Unis
    • Photographe : Rocco Morabito

Cette photographie remporte le prix Pulitzer en 1968. Elle montre le sauvetage réussi d’un homme électrocuté, secouru par son collègue. Le cliché est un symbole de dévouement et d’altruisme dans des situations d’urgence.

L’homme qui refusa de faire le salut nazi

    • Date: 1936
    • Lieu : Hambourg (Allemagne)
    • Photographe: Inconnu

Lors d’une inauguration navale, August Landmesser refusa d’effectuer le salut nazi. Cet ouvrier allemand s’opposait au régime de l’époque. Malgré les lois nazies, il vivait avec une jeune femme juive. Il fut condamné pour anti-nationalisme.

Annette Kellermann en maillot de bain une pièce 

    • Date du cliché : Années 1900
    • Lieu : Inconnu
    • Photographe : Inconnu

La photographie met en scène une célèbre nageuse australienne, pionnière du cinéma. Elle est simplement vêtue d’un maillot de bain une pièce. La tenue est considérée comme audacieuse et révolutionnaire à l’époque. Annette Kellermann contribue ainsi à changer les mentalités et ouvre la voie à des normes de mode plus libérées.

La première équipe américaine à avoir atteint le sommet de l’Everest

    • Date du cliché : 1963
    • Lieu : Sommet de l’Everest, Népal
    • Photographe : Barry Bishop (États-Unis)

Cette image emblématique immortalise la première ascension américaine jusqu’au sommet de l’Everest. On y voit les membres de l’expédition gravir les pentes enneigées en direction du sommet. La photographie témoigne du courage, de la détermination et de l’esprit d’équipe des alpinistes. 

Déjeuner au sommet d’un gratte-ciel

    • Date: 1932
    • Lieu : New York (États-Unis)
    • Photographe: Inconnu

Un groupe d’ouvriers, assis sur une poutre, déjeunent sans aucune sécurité au 69ème étage d’un gratte-ciel en construction. Cette photographie emblématique illustre le dévouement de ces travailleurs.

Photo de Rosa Parks assise dans un bus

    • Date du cliché : 1955
    • Lieu : Montgomery, Alabama, États-Unis
    • Photographe : Inconnu

Le cliché témoigne du moment où la militante Rosa Parks viole les lois ségrégationnistes de l’époque en s’asseyant dans un bus, sur une place réservée aux Blancs. Son acte de résistance pacifique est devenu un symbole du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. L’image rappelle l’importance de la désobéissance civile et de la lutte pour l’égalité des droits.

L’homme Molotov

    • Date du cliché : 1979
    • Lieu : Nicaragua
    • Photographe : Susan Meiselas

L’image met en scène un anonyme en train de lancer une bouteille incendiaire molotov lors d’un affrontement avec les forces gouvernementales. Le cliché est un symbole de la révolution nicaraguayenne et plus généralement, un symbole de la résistance face à l’oppression.

La victoire de Muhammad Ali face à Sonny Liston

    • Date du cliché : 25 mai 1965
    • Lieu : Lewiston, Maine, États-Unis
    • Photographe : Neil Leifer (États-Unis)

C’est l’un des clichés les plus iconiques de l’histoire de la boxe. On y voit Muhammad Ali se tenir debout au-dessus de son opposant après avoir remporté le combat par K.-O. au premier round. Cette image symbolise la puissance, l’assurance et la bravoure du boxeur, devenu une légende de la boxe.

Greasley confronté à Heinrich Himmler dans un camp de prisonniers de guerre

    • Date du cliché : 1941
    • Lieu : Camp de prisonniers de guerre (lieu spécifique non précisé)
    • Photographe : Inconnu

Prise en 1941, le cliché montre un soldat britannique captif défier l’autorité nazie. Il se tient debout et droit face à Heinrich Himmler, l’un des principaux dirigeants nazis. L’image est un témoignage puissant de la résistance et du courage même lorsque la situation est en notre défaveur.

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P06

__________________________

Le commerce de singes (Histoire inspirante)

Découvrons dans cet épisode, une histoire inspirante sur le commerce de singes. C’est parti !

Vidéo

Podcast

Le commerce de singes (Histoire inspirante)

Un jour, un marchand entre dans un petit village et annonce qu’il achète des singes pour le prix de 10 pièces d’or l’unité. Sachant qu’il y a de nombreux primates dans les forêts aux alentours, les villageois se précipitent pour les capturer.

Très vite, le marchand achète des centaines de singes et les enferment dans une cage. Mais progressivement, le nombre d’animaux commence à diminuer, leur capture se complexifie et les villageois cessent leurs efforts. L’acheteur augmente alors son prix à 20 pièces d’or.

Les habitants se remotivent et partent de nouveau en quête des primates. Puis, au fur et à mesure que la population de singes baisse, la tâche devient encore plus ardue. Petit à petit, les villageois retournent à leurs anciennes occupations. Le prix pour leur capture passe alors à 30 pièces d’or. L’appât du gain pousse une nouvelle fois les villageois dans la forêt. Le nombre de singes chute encore, les efforts pour les capturer augmentent drastiquement et les habitants cessent à nouveau cette activité. 

Le marchand propose alors un prix exceptionnel de 50 pièces d’or par singe. Mais du fait qu’il doit s’absenter pour s’occuper d’une autre affaire dans une région avoisinante, il demande à son assistant de gérer les transactions.

En son absence, l’assistant prend quelques libertés. Il dit aux villageois : “Vous voyez tous ces singes dans la grande cage que le marchand a collecté. Eh bien, je vous les vends pour 30 pièces d’or. Lorsque le marchand reviendra, il vous les achètera 50 pièces d’or !” Enthousiasmés par cette bonne affaire, les villageois regroupent leurs économies et achètent tous les singes. 

C’est à ce moment que le marchand et son assistant décident de disparaître. Les poches des habitants resteront désespérément vides et de nombreux singes peupleront à nouveau les forêts aux alentours.

Sources : https://9gag.com/gag/ajVj5Xg

________________

Retourner à la page du projet P08

L’effet Sawyer – Concept de réactance

➽  Pourquoi avons-nous tendance à vouloir faire le contraire de ce que l’on nous dit ? Dans cet épisode, découvrons ce concept de réactance ainsi que l’effet appelé le paradoxe de Sawyer. C’est parti !

Vidéo

Podcast

L’effet Sawyer

Lors d’une de ses aventures, Tom Sawyer doit repeindre la palissade d’une maison en guise de punition. Préférant aller jouer à la rivière, il parvient à convaincre astucieusement ses camarades de travailler à sa place. Pour ce faire, il transforme la perception de sa fastidieuse corvée en quelque chose d’amusant et d’unique. A tel point que ses amis qui le narguaient au début, finissent par le payer pour le remplacer. 

Le paradoxe de Sawyer illustre le fait que la perception d’une situation peut changer selon la manière dont les gens la perçoivent. Il est étroitement lié à des concepts plus larges de psychologie, comme les effets de réactance et d’anti-réactance.

Le concept de réactance

La réactance est une forme de résistance à la contrainte. Elle se manifeste lorsque nous percevons une menace à nos libertés ou à notre autonomie. Dans ce cas, nous avons tendance à faire l’exact opposé du comportement que l’on nous impose. Prenons quelques exemples : 

  • Lorsqu’une œuvre est interdite ou censurée, les gens cherchent à la consulter avec encore plus de vigueur.
  • Lorsque nous voyons une pancarte nous interdisant de marcher sur la pelouse, nous sommes inconsciemment tentés de gambader sur l’herbe.
  • Lorsque des campagnes anti-tabac sont diffusées, les fumeurs peuvent décider d’aller à l’encontre de cette restriction s’ils considèrent qu’il s’agit d’une ingérence dans leur liberté de choix.
  • Lorsqu’une tenue est présentée comme “hors norme” ou “rebelle”, l’attrait pour cette tendance de mode non conventionnelle augmente.

De manière générale, l’introduction de nouvelles réglementations pour contraindre des comportements peut avoir l’effet opposé, simplement parce que les gens ressentent le besoin de défier ces règles. 

Les études sur la réactance

Le concept de réactance est introduit par le psychologue américain Jack Brehm. De nombreux autres travaux confirment et complètent ses observations : 

  • En 1981, un étude approfondit la théorie originale en s’intéressant aux situations qui déclenchent la réactance. Psychological Reactance: A theory of freedom and control – J. W Brehm & S. S. Brehm (1981) : https://www.scirp.org/(S(czeh2tfqyw2orz553k1w0r45))/reference/ReferencesPapers.aspx?ReferenceID=671498
  • En 1996, des travaux démontrent que les avertissements télévisuels pour dissuader les adolescents de regarder certains programmes ne font qu’augmenter leur envie de les consulter. Forbidden fruit versus tainted fruit: Effects of warning labels on attraction to television violence – B. J. Bushman & A. D. Stack, A. D. (1996) : https://psycnet.apa.org/record/1996-06304-002
  • En 2013, une méta-analyse des recherches offre un aperçu des tendances générales et des découvertes clés dans le domaine de la réactance. The nature of psychological reactance revisited: A meta-analytic review – S. A Rains (2013) : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1468-2958.2012.01443.x

Bref, on peut retenir que la présentation d’un message et la manière dont il affecte la perception d’autonomie et de liberté influencent in fine la réaction des destinataires. Notons aussi, qu’à l’opposé des réactions de résistance, il existe aussi le concept de l’anti-réactance.

Le concept d’anti-réactance

L’anti-réactance se produit lorsque la tentative de persuasion est présentée d’une manière positive sans nuire à notre perception de liberté et d’autonomie. Cette approche nous rend plus enclins à accepter ou à suivre la suggestion ou la directive. C’est le cas dans l’exemple de Tom Sawyer lorsqu’il persuade ses camarades d’effectuer sa fastidieuse corvée en la transformant en une activité exclusive et attrayante. Finalement, la clé de la persuasion revient à laisser un semblant de choix et de liberté. Voici d’autres exemples pour illustrer : 

  • Au lieu d’ordonner à son enfant de mettre ses chaussures (ce qui peut induire une réaction de résistance), il vaut mieux lui laisser le choix en lui demandant s’il préfère mettre ses chaussures rouges ou ses chaussures bleues.
  • Au lieu de promouvoir un produit unique, un vendeur peut proposer une gamme de trois articles au client pour lui donner le sentiment d’avoir le contrôle de sa décision.
  • En couple, si l’un des partenaires souhaite aller au restaurant, il peut par exemple proposer “tu préfères faire un restaurant italien ou un bistrot ? “ de sorte à occulter les autres activités possibles.

En fin de compte, le fait de laisser la liberté de choix désamorce le phénomène de réactance. 

Conclusion

Lorsqu’on menace la perception de liberté et d’autonomie d’autrui, on induit une forme de résistance qui incite le destinataire à faire l’exact opposé. C’est le concept de réactance. A l’opposé, l’anti-réactance se produit lorsque la tentative de persuasion est présentée d’une manière positive qui laisse un semblant de choix.

Sources 

  • Etude – Psychological Reactance: A theory of freedom and control – J. W Brehm & S. S. Brehm (1981) : https://www.scirp.org/(S(czeh2tfqyw2orz553k1w0r45))/reference/ReferencesPapers.aspx?ReferenceID=671498
  • Etude – Forbidden fruit versus tainted fruit: Effects of warning labels on attraction to television violence – B. J. Bushman & A. D. Stack, A. D. (1996) : https://psycnet.apa.org/record/1996-06304-002
  • Etude – The nature of psychological reactance revisited: A meta-analytic review – S. A Rains (2013) : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1468-2958.2012.01443.x

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P07

__________________________