L’aigle dans le poulailler

Dans cet article, je partage une histoire inspirante d’un aigle dans un poulailler. Le texte est extrait du livre The Song of the bird écrit par le prêtre indien Anthony de Mello. Cette petite réflexion porte sur les histoires que l’on se raconte à nous-même.

Vidéo

Podcast

L’aigle dans le poulailler

Un homme trouva un œuf d’aigle et le mit dans le nid d’un poulailler. Après l’éclosion, l’aiglon fut élevé avec une couvée de poussins.

Toute sa vie, l’aigle fit ce que ses congénères faisaient, pensant qu’il était lui-même un poulet. Il grattait le sol à la recherche de vers et d’insectes. Il picorait et caquetait. Il battait des ailes et volait sur quelques mètres dans les airs.

Les années passèrent et l’aigle devint très vieux. Un jour, il vit un oiseau magnifique voler au-dessus de lui dans le ciel sans nuages. L’animal glissait majestueusement sur les courants grâce à un simple battement de ses grandes ailes dorées. Le vieil aigle était admiratif. « Qui est-ce ?” demanda-t-il. 

C’est l’aigle, le roi des oiseaux, répondit son voisin. Il appartient au ciel. Nous, on appartient à la terre – nous sommes des poules.

C’est ainsi que l’aigle vécut et mourut en poulet, car c’est ce qu’il pensait être.

 

Source: Song of the Bird – Anthony de Mello

Texte original

« A man found an eagle’s egg and put it in a nest of a barnyard hen. The eaglet hatched with the brood of chickens and grew up with them. All his life the eagle did what the barnyard chicks did, thinking he was a barnyard chicken. He scratched the earth for worms and insects. He clucked and cackled. And he would thrash his wings and fly a few feet into the air. 

Years passed and the eagle grew very old. One day he saw a magnificent bird above him in the cloudless sky. It glided in graceful majesty among the powerful wind currents, with scarcely a beat of its strong golden wings. The old eagle looked up in awe. « Who’s that? » he asked. « That’s the eagle, the king of the birds, » said his neighbor. « He belongs to the sky. We belong to the earth—we’re chickens. » So the eagle lived and died a chicken, for that’s what he thought he was. » Source: Song of the Bird

Sources :

Livre : The Song of the bird  Anthony de Mello (version anglaise) 

 

_______________________

Retourner à la page du projet P08

L’effet Von Restorff – Biais de perception

Cet article a pour but de présenter un biais de perception appelé l’effet Von Restorff. 

Vidéo

L’effet de Von Restorff

Notre cerveau peut facilement être trompé sur la réalité d’un phénomène à cause de la manière dont il traite l’information.

Saillance perceptive

L’effet Von Restorff est un biais cognitif qui caractérise notre tendance à davantage mémoriser ce qui est distinctif et inhabituel.

Un objet, une forme, un élément visuel qui se détache des autres est plus susceptible d’être retenu. On parle de saillance perceptive.

L’effet doit son nom à la psychiatre allemande Hedwig Von Restorff qui a théorisé le concept d’effet d’isolation, aussi appelé l’effet de proéminence ou effet de distinction.

La recherche de l’inhabituel

En fait, l’œil et le cerveau sont constamment à l’affût pour repérer l’inhabituel. Un élément qui sort de la norme va davantage nous interpeller et rester plus facilement dans notre esprit.

La nouveauté, les bizarreries, l’exceptionnel peuvent ainsi altérer notre perception et biaiser notre raisonnement.

Pratiques de ce biais

On peut noter qu’il existe de nombreuses pratiques qui tirent profit de ce biais

  • Surligner les informations importantes d’un texte pour mieux les retenir
  • Proposer une miniature originale pour capter l’attention
  • Diffuser une publicité inhabituelle pour marquer le consommateur
  • Mettre un place un visuel étonnant pour amplifier le message
  • S’habiller de manière différente pour se démarquer

Conclusion

L’effet Von Restorff correspond à notre tendance à davantage mémoriser le distinctif et l’inhabituel. 

Sources :

► Articles

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P07

__________________________

La cinétique des vagues

Cet article de vulgarisation a pour but d’expliquer la cinétique des vagues en particulier comment elles se forment. C’est parti !

Vidéo

Podcast

Comment se forment les vagues ?

Une vague est une déformation de la surface d’une étendue liquide le plus souvent sous l’effet du vent.

Frémissement de l’eau sous l’influence des anticyclone et dépression

A l’échelle de la planète,  les anticyclones et les dépressions créent de grands mouvements d’air. Ces derniers frottent la surface des océans et provoquent des irrégularités. Au fur et à mesure, le vent s’engouffre dans ses légères ondulations, les renforce ce qui augmente leur puissance. Autrement dit, le frémissement de l’eau prend de l’ampleur et se transforme en houle sous l’effet du vent. On parle de train de houle.

Amplification de la houle du large jusqu’au rivage

On observe le phénomène d’ondulation sur toutes les étendues d’eau (les océans, les mers, les lacs, les rivières, et même les flaques…). Les caractéristiques des ondes dépendent principalement de trois facteurs :

  • la force du vent
  • la durée durant laquelle il souffle
  • le fetch, c’est-à-dire la distance parcourue par le vent sans obstacle

A ce propos, plus l’étendue d’eau sur laquelle le vent souffle est importante, plus les ondes tendent à se renforcer. C’est pourquoi les vagues en mer sont généralement plus petites que celles des océans. Les ondes ont moins d’espace pour emmagasiner l’énergie du vent.

Néanmoins, sous certaines conditions météorologiques, on peut tout de même observer de fortes houles sur de “petites” étendues d’eau. C’est par exemple le cas en méditerranée lors de grosses dépressions, voire même sur certains lacs, comme le lac Érié en Amérique.

Bref, on peut retenir que les trains d’ondes sont principalement dus au vent qui les renforce jusqu’au déferlement sur le rivage.

Le déferlement de la vague au bord de l’eau

A l’approche d’une côté, le profil de la houle se courbe au fur et à mesure que la profondeur d’eau diminue. Les ondes s’élèvent jusqu’à basculer vers l’avant et déferler. Concrètement, la vague se brise lorsque sa crête se déplace plus vite que son pied, notamment lorsque le bas de l’onde frotte le fond. Lors du déferlement, l’essentiel de l’énergie de la vague est dissipée en tourbillons et formation de bulles d’air.

L’influence des fonds marin

La forme d’un déferlement au voisinage du rivage dépend essentiellement de la pente des fonds. On distingue trois principaux types de déferlement.

  • Le déferlement progressif ou glissant. Il se produit généralement sur les plages à très faible pente. Les vagues commencent à se briser loin du rivage. La crête a un aspect mousseux qui s’accentue lors de la progression en laissant derrière une couche d’écume.
  • Le déferlement plongeant. La vague s’enroule autour d’une poche d’air puis s’écroule en créant une grosse éclaboussure. Il s’agit du type de déferlement prisé par les surfeurs. Il se produit le plus souvent au niveau d’une forte pente (rebord rocheux ou écueil).
  • Le déferlement frontal ou gonflant. La vague gravit la plage avant que la crête puisse s’enrouler. C’est le cas lorsqu’il y a un changement brutal de profondeur.

Autres types de vagues

On peut noter qu’il existe aussi d’autres types de vagues qui ne sont pas uniquement issues de la houle :

  • Les raz de marée : Les vagues se forment soit sous l’effet d’une tempête, soit lors d’un mouvement brutal des fonds marins causé par séisme, une éruption volcanique ou un glissement de terrain (dans ce cas, on parle de tsunamis).

Tsunami en Indonésie – 26 décembre 2004

  • Les mascarets : il s’agit des vagues qui remontent les fleuves par leur embouchure, sous l’effet de la marée montante.

Mascaret sur l’estuaire de la Gironde

  • Les vagues scélérates : ces vagues océaniques gigantesques et soudaines s’apparentent à des murs d’eau. Elles surgissent en pleine mer et peuvent causer des dommages importants aux bateaux. Les scientifiques ont encore du mal à expliquer comment elles se forment.

Autres facteurs influant sur la mécanique des vagues et de la houle

A ce propos, il convient d’indiquer que les vagues et la houle sont des phénomènes complexes qui dépendent de multiples autres facteurs comme le relief, les courants ou encore les vents locaux. 

L’exemple du cap Horn (réputé pour être l’un des passages les plus dangereux au monde pour la navigation maritime) illustre bien la complexité des phénomènes impliqués dans la formation des vagues. D’une part, la géographie de la région accentue la force des vents dominants à cause d’un effet entonnoir ce qui renforce localement la houle. Ensuite, des zones peu profondes viennent amplifier la hauteur des ondes. De plus, le vent souffle parfois à contresens des courants marins ce qui vient creuser les vagues encore plus. La région est aussi le point de rencontre entre les trains de houle venant de l’océan Pacifique et ceux de l’océan Atlantique. Bref, de multiples facteurs viennent influencer localement les caractéristiques des vagues.

6 informations complémentaires sur les vagues

  • Hauteur des vagues : La hauteur des vagues varie de quelques centimètres à plus de 30m pour les plus hautes. 
    • La plus grande hauteur enregistrée par un instrument est de 32,3 m
    • Lors de la tempête tempête Quirin en février 2011 en Atlantique Nord, les mesures faites par altimétrie satellitaire référencent un maximum de 36 m avec une moyenne de hauteur de creux de 20 m.
  • Modélisation des vagues avec des modèles physiques. Les scientifiques s’appuient sur des modèles physiques pour expliquer, avec plus ou moins de précision, la mécanique des vagues et de la houle . Par exemple, des chercheurs ont reproduit la cinétique des vagues scélérates dans un bassin. (Source vidéo : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/transcoded/7/78/Super_Rogue_Wave.ogv/Super_Rogue_Wave.ogv.480p.vp9.webm)
  • La propagation des ondes : La houle peut prendre des formes étonnantes. 
    • Sous certaines conditions, on observe une houle parfaitement rectiligne.
    • Parfois, des ondes se propagent dans des directions différentes. Par exemple, on peut observer des trains de houle perpendiculaires, au phare des baleines sur l’ile de ré. On parle de « mer gaufrée ».
    • Il arrive que les ondulations soient complètement instable car des trains de houle de sens et direction différentes se rencontrent dans la même zone.

Mer gaufrée (phare des baleines – île de Ré)

  • L’échelle de Douglas. Tout comme l’échelle de Beaufort pour qualifier la force du vent, on utilise l’échelle de Douglas pour décrire l’état de la mer. Cette classification repose sur 10 valeurs qui sont fonction de la hauteur de la mer du vent.

Echelle de douglas

 

  • Captation de l’énergie houlomotrice. Il existe des dispositifs pour capter l’énergie de la houle (comme par exemple, le mécanisme Pelamis)

Mécanisme Pelamis

  • La Grande Vague de Kanagawa. Les vagues ne cessent de fasciner l’Homme. De nombreuses œuvres les représentent. L’une des plus célèbres est sans doute : La Grande Vague de Kanagawa, réalisée par le peintre japonais Hokusai vers les années 1830.

Conclusion

On peut retenir qu’une vague est une déformation de la surface d’une étendue d’eau le plus souvent sous l’effet du vent. Le vent s’engouffre dans les légères ondulations et les renforce jusqu’à ce qu’elles déferlent sur le rivage.

Sources

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P06

__________________________

 

L’Effet de Halo – Biais de perception

Cet article a pour but de présenter un biais de perception appelé l’effet de Halo.

Vidéo

Qu’est-ce que l’effet Halo ?

L’effet de halo (ou effet de notoriété) correspond au fait de présumer des caractéristiques d’un individu, d’un objet ou d’une marque seulement à partir de la première impression dégagée.

Illustrons ce concept avec un exemple, si un conférencier fait une bonne première impression en montant sur scène alors les gens auront tendance à interpréter favorablement ce qu’il va dire ou faire. À l’inverse, si la première impression est mauvaise, alors les gens seront plus enclins à le juger sous un prisme négatif.

Autrement dit, l’effet de Halo est la tendance à rendre plus positives (et inversement plus négatives) certaines caractéristiques d’une personne, d’un groupe, d’une marque, etc., à partir d’une de ses caractéristiques que l’on avait préalablement jugée positive (ou, inversement, négative).

Ce biais de perception a été mis en évidence de manière empirique par  Edward Thorndike en 1920 puis démontré par Solomon Asch en 1946.

De nombreuses autres études relèvent cet effet. Par exemple, dans le Journal de la psychologie appliquée (Journal of Applied Psychology), les auteurs démontrent que les personnes attirantes physiquement ont tendance à être considérées comme plus intelligentes que la moyenne. Source : https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fa0015497

Les leviers de l’effet de Halo 

On peut retenir que la première impression contribue fortement à l’image générale que l’on va avoir d’un individu. Plusieurs attributs ont donc une influence sur l’effet Halo : 

  • La tenue vestimentaire. Une étude montre qu’un employé en costume-cravate sera davantage perçu comme un supérieur hiérarchique ayant de l’autorité, contrairement à un employé portant un jeans et un t-shirt (source : https://www.penserchanger.com/effet-de-halo)
  • Le physique. Une étude dans le domaine judiciaire met en évidence que les

jurés tendent à donner des peines plus légères aux accusés attirants physiquement et inversement ils décernent des peines plus lourdes aux personnes laides. (sources : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0092656674900440?via%3Dihub)

  • Le comportement. Un professeur chaleureux et souriant au premier abord aura plus de chance d’être apprécié car ses étudiants et ses collègues car ils le jugeront sous un prisme positif. (source : https://content.apa.org/record/1979-23612-001)

Techniques tirant profit de l’effet Halo

On peut noter que de nombreuses techniques tirent profit de l’effet de Halo.

Dans le domaine du marketing, les publicitaires font appel à des figures médiatiques pour profiter de leur notoriété. En faisant intervenir une célébrité dans une publicité, la marque joue sur le biais de perception. La réputation qu’à la figure médiatique auprès du public va se répercuter sur l’image du produit et de la marque (Georges Clooney avec Nespresso ou Charlize Theron avec Dior)

Il est aussi possible de s’appuyer sur l’effet de Halo pour influencer les réponses des gens. Par exemple, si l’on vous pose la question, êtes-vous prêt à lutter contre le réchauffement climatique ? et que l’on vous demande ensuite : Seriez-vous prêt à acheter une voiture électrique pour réduire vos dépenses énergétiques ? Il y a de grandes chances que vous répondiez favorablement aux deux questions. A la première question, les gens auront tendance à se positionner comme défenseurs de l’environnement. Puis pour rester cohérent vis-à-vis de l’image qu’ils viennent de se dresser, ils risquent de répondre positivement à la seconde. La première question donne ainsi un cadre qui conditionne la réponse à la seconde interrogation.

Pour profiter de l’effet Halo dans les relations sociales, il convient de s’efforcer de faire une bonne première impression. Ainsi lors d’un premier contact, il vaut mieux 

  • Sourire pour paraître sympathique      
  • Engager la conversation sur une note positive
  • Eviter de parler des défauts ou critiquer

Conclusion

L’effet de Halo correspond au fait de présumer des caractéristiques d’un individu, d’un objet ou d’une marque seulement à partir de la première impression dégagée.

Sources

Articles :

 Vidéos :

  • Vidéo L’effet de Halo — Crétin de cerveau ! #1, chaîne ScienceEtonnante : https://www.youtube.com/watch?v=xJO5GstqTSY&ab_channel=ScienceEtonnante

 

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P07

__________________________

Le riche industriel et le pêcheur

Dans cet article, je partage une histoire inspirante extraite du livre The Song of the bird écrite par le prêtre indien Anthony de Mello. Il s’agit d’une réflexion sur l’argent et le bonheur.

Vidéo

Podcast

Le riche industriel et le pêcheur

Un jour, un riche industriel en balade sur la plage fut horrifié de trouver un pêcheur allongé paresseusement à côté de son bateau.

  • « Pourquoi n’êtes-vous pas en train de pêcher ? », demanda le chef d’entreprise
  • « Parce que j’ai pêché assez de poisson pour la journée », répondit le pêcheur. 
  • « Pourquoi n’en attrapez-vous pas plus ? » continua le premier protagoniste
  • « Qu’est-ce que je ferais avec ? » rétorqua le second
  • « Vous pourriez gagner plus d’argent ! Avec l’argent vous acheteriez un moteur pour aller dans des eaux plus profondes et attraper plus de poissons. Avec ces revenus supplémentaires vous pourriez acquérir des filets en nylon qui vous apporteraient plus de poisson et plus d’argent. Bientôt, vous pourriez posséder deux bateaux…voire une flotte de bateaux. Vous seriez alors un homme riche comme moi.  »
  • « Que ferais-je alors ? » demanda le pêcheur 
  • « Alors, vous pourrez vraiment profiter de la vie. » dit l’industriel
  • « N’est-ce pas ce que je suis déjà en train de faire en ce moment ? » conclut le pêcheur 

Texte original

THE CONTENTED FISHERMAN 

The rich industrialist from the North was horrified to find the Southern fisherman lying lazily beside his boat, smoking a pipe. “Why aren’t you out fishing?” said the industrialist. “Because I have caught enough fish for the day,” said the fisherman. “Why don’t you catch some more?” “What would I do with it?” “You could earn more money” was the reply. “With that you could have a motor fixed to your boat and go into deeper waters and catch more fish. Then you would make enough to buy nylon nets. These would bring you more fish and more money. Soon you would have enough money to own two boats…maybe even a fleet of boats. Then you would be a rich man like me.” “What would I do then?” “Then you could really enjoy life.” “What do you think I am doing right now?” Which would you rather have: a fortune or a capacity for enjoyment?

Sources :

Livre (lien affilié) : The Song of the bird  Anthony de Mello (version anglaise) 

_______________________

Retourner à la page du projet P08

Le biais de confirmation

Cet article a pour but de présenter un biais cognitif appelé : le biais de confirmation. 

Vidéo

Le biais de confirmation

*Le biais de confirmation est la tendance à privilégier les informations confirmant nos idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de nos conceptions. *Définition de Wikipedia.

Par exemple, durant un débat politique, les gens ont tendance à mémoriser les arguments qui vont dans le sens de leurs opinions et occulter ceux qui les contredisent.

En fait inconsciemment, nous privilégions les informations qui confirment nos idées et croyances personnelles tout en négligeant celles qui les invalident.

Pourquoi le biais de confirmation ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce comportement :

  • La peur de la dissonance cognitive. Nous détestons être dans l’erreur. Pour éviter que nos croyances, pensées ou comportements entrent en contradiction, nous accordons plus de poids aux éléments qui vont dans le sens de ce que nous croyons, pensons et faisons.
  • Notre réticence au changement. La construction d’une opinion requiert un effort intellectuel conséquent. Le processus pour se forger un avis prend du temps car il nécessite de collecter des preuves et de les confronter. Or en ne sélectionnant que les informations qui valident nos idées, on évite de rentrer dans débat intérieur qui risquerait de nous faire changer de point de vue.
  • Difficulté à adopter une démarche de réfutation. Pour renforcer une croyance nous pouvons :
    • accumuler les informations qui la confirment
    • démontrer que les thèses contraires sont fausses. 

Or notre cerveau a beaucoup de mal à utiliser le deuxième type de raisonnement qui consiste à réfuter les hypothèses contraires. De ce fait, nous avons pris l’habitude d’adopter principalement une démarche pour corroborer nos opinions.

Les conséquences du biais de confirmation

Le biais de confirmation peut contribuer à un excès de confiance dans nos croyances personnelles. Il peut ainsi engendrer plusieurs conséquences néfastes.

  • dans le domaine scientifique, il a été constaté que les experts tendent à attacher plus de crédits aux faits qui valident leurs hypothèses. Un chercheur de l’University Collegue de Londres, Itiel Dror, s’est intéressé aux méthodes de la police scientifique. Il a démontré que les analyses des experts sont biaisées par leurs opinions. Plutôt que de chercher à travers tous les éléments de preuve pertinents, ils ont tendance à se focaliser uniquement sur les preuves qui valident leurs hypothèses (plutôt que ce qu’il se passerait si elle était fausse). (source : https://www.researchgate.net/publication/324606579_Biases_in_Forensic_Experts)
  • dans le domaine de l’investissement, nous pouvons aussi être aveuglé par le biais de confirmation. Si l’on attache trop d’importance aux informations qui confirment nos théories tout en mettant de côté celles qui les invalident, on risque d’effectuer un investissement désastreux.
  • dans le domaine médiatique, nous suivons en général les médias qui confirment nos opinions politiques. On observe une corrélation entre l’orientation politique des journaux et les intentions de votes des lecteurs. Une étude de l’IFOP sur la présidentielle de 2012 montre que les lecteurs du journal le Figaro (un journal plutôt orienté à droite) envisageaient majoritairement de voter pour Nicolas Sarkozy. Et inversement la majorité des lecteurs de Libération (un journal situé à gauche) comptaient voter pour François Hollande.

L’influence des réseaux sociaux

Dernier point, on peut noter que les réseaux sociaux accentuent l’impact du biais de confirmation. Les différentes plateformes nous proposent constamment du contenu en lien avec nos centres d’intérêts et opinions. De ce fait, nous sommes noyés par des informations qui confirment nos croyances et nous avons difficilement accès aux opinions contraires.

Malheureusement, il n’existe pas de technique précise pour éviter de tomber dans ce biais psychologique. Néanmoins, je pense qu’une des clés consiste à prendre conscience de ce biais et à entraîner son esprit critique. Pour ce faire, on peut développer ses capacités de raisonnement, s’intéresser aux opinions adverses et devenir un bon sceptique.

Conclusion

Le biais de confirmation est notre tendance à privilégier les informations qui valident nos opinions et occulter celles qui les invalident. Ce biais peut contribuer à l’excès de confiance dans nos croyances personnelles. Le fait d’en prendre conscience et le fait de développer son esprit critique peuvent être des armes pour s’en prémunir.

Sources

► Articles :

  • Recherches Itiel E Dror : https://www.researchgate.net/publication/324606579_Biases_in_Forensic_Experts
  • Journaux et orientation politique

► Vidéos :

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P07

__________________________

 

L’effet de primauté et l’effet de récence

Dans cet article, nous allons découvrir deux biais cognitifs appelés l’effet de primauté et l’effet de récence. Nous verrons également quatre techniques pour en tirer profit. 

Vidéo

Effet de primauté et effet de récence

L’effet de primauté est la tendance à se souvenir plus facilement des premières informations auxquelles on est confronté. Ce biais est en lien avec notre sensibilité à la première impression. Par exemple, l’élève qui arrive en retard le jour de la rentrée des classes a toutes les chances d’être catalogué comme « le retardataire » toute l’année, même s’il est ponctuel le reste du temps. En fait, nous nous fions davantage à l’information reçue en premier. 

L’effet de récence est la tendance à se souvenir plus facilement des dernières informations auxquelles on a été confronté. Par exemple, les arguments présentés à la fin d’un discours ont généralement plus d’impact que ceux émis au milieu. C’est en partie pourquoi les hommes politiques préfèrent intervenir en dernier lors d’un débat. 

Expériences sur l’effet de primauté et effet de récence

Plusieurs expériences démontrent ces biais cognitifs

Asch (1946)

En 1946, le psychologue Solomon Asch étudie l’effet de primauté. L’une de ses expériences consiste à décrire un personnage aux participants à l’aide de plusieurs adjectifs (« envieux, têtu, critique, impulsif, travailleur et intelligent »). Il recueille ensuite leur impression sur ce personnage. La particularité est que les adjectifs sont toujours les mêmes, seul l’ordre change. Les résultats montrent que le premier mot de la liste est déterminant quant à l’impression laissée. S’il est positif, l’opinion sur le personnage est favorable. Et inversement, si l’adjectif est négatif, l’impression laissée est plutôt mauvaise.

Bennet Murdock (1962)

En 1962, une étude menée par le psychologue américain Bennet Murdock illustre aussi ces deux biais. L’expérience consiste à faire apprendre une liste de 10 à 40 mots aux participants. Les mots sont annoncés les uns à la suite des autres avec un intervalle de temps de 1 à 2 seconde. A la fin de la diffusion, les sujets de l’étude sont invités à noter les mots dont ils se souviennent. Une nouvelle fois, les résultats montrent que les candidats se rappellent davantage des mots présentés au début et à la fin.  

Postman & Philips (1965) et Glanzer & Cunitz (1966)

En 1966, d’autres psychologues confirment ces résultats à travers leurs propres expériences. Ils donnent une même liste de mots à deux groupes de participants. Comme dans l’expérience de Murdock, les candidats sont invités à se souvenir d’un maximum de mots. Par contre, les sujets du deuxième groupe doivent exécuter une tâche supplémentaire (comme compter de trois en trois durant 30 secondes) avant de noter les mots dont ils se souviennent. Les résultats montrent une fois de plus que le premier groupe se souvient davantage des premiers et derniers mots de la liste. Par contre, les participants du second groupe se rappellent uniquement des premiers mots.  

L’expérience met en évidence que l’effet de primauté est lié à la mémoire long terme et l’effet de récence fonctionne grâce à la mémoire court terme.

 

Applications pour tirer profits de l’effet de primauté et l’effet de récence

  • Planifier un entretien ou un rendez-vous sur le premier ou dernier créneau pour être plus impactant. Par exemple, dans le cas d’un entretien professionnel, le recruteur aura davantage tendance à se souvenir du premier et dernier candidat à cause de l’effet de primauté et l’effet de récence.
  • Sourire au premier contact pour paraître sympathique et faire une bonne première puis terminer un échange sur une note positive.
  • Utiliser la technique du “sandwich” pour faire une critique. Cette astuce consiste à envelopper sa remarque entre deux commentaires positifs.
  • Passer le message le plus important dans l’introduction et la conclusion car, c’est le temps d’un discours que l’on retient le mieux. 

Conclusion

L’idée principale à retenir est que l’on a tendance à davantage se souvenir des premières et dernières informations auxquelles on est confronté. C’est ce que l’on appelle l’effet de primauté et l’effet de récence.

Sources 

► Wikipedia : 

► Blog la toupie : http://www.toupie.org/Biais/Effet_primaute.htm

► Blog verywellmind : https://www.verywellmind.com/understanding-the-primacy-effect-4685243

► Youtube : Serial Position Effect (Primacy + Recency Examples) (chaine : Practical Psychology : https://www.youtube.com/watch?v=jEUoQVN80Jw&ab_channel=PracticalPsychology

__________________________

Retourner à la page d’accueil du projet P07

__________________________